Professionnaliser son association, bonne ou mauvaise idée ?

Dans la tête de nombreux Français, le mot « association » rime avec « bénévolat ». Les associations sont en effet un moyen de répondre à des problématiques qui échappent à l’Etat français et au secteur privé. Pourtant, passé quelques mois de fonctionnement, ou quelques semaines pour certains, la question de professionnaliser ou non l’association peut se poser…

Comment savoir si l’on doit ou non sauter le pas ? Que signifie exactement l’expression « professionnaliser son association » ?

Se professionnaliser dans un monde de bénévolat, pourquoi ?

Il n’est pas simple de créer une association dans un cadre législatif qui ne cesse d’évoluer. Il faut savoir comment remplir les quelques déclarations initiales, s’engager à répondre au rythme des A.G et des différents bilans…  Et être conscient que le temps passé à régler des affaires administratives n’ira pas en s’améliorant : déclaration des évènements, assurances, location de lieux ou de matériel…

Une association est alors juridiquement parlant une « assemblée de sociétaires », regroupée autour d’un objectif commun. Le terme « sociétaire » nous rappelle qu’une association est une entité à faire vivre et à défendre, comme le ferait le responsable d’une entreprise.

Se professionnaliser, c’est donc dans un premier temps comprendre qu’une association qui progresse est une association dont le fonctionnement est limpide, et les rôles parfaitement répartis, comme c’est le cas dans une entreprise.

Professionnaliser son association, efficacité et sécurité

En effet, professionnaliser son association peut revenir à mieux « qualifier » ses adhérents.

Pourquoi ne pas offrir un module dédié à la comptabilité à votre trésorier ?

Et si financer une formation de Community management à cet adhérent en charge de la communication, vous permettait de toucher un public plus large ?

 Le secrétaire qui rédige actuellement vos demandes de subventions et qui défend vos dossiers ne serait-il pas plus performant avec une formation dédiée ?

Les formations ne sont pas réservées au monde de l’entreprise, surtout quand elles rejoignent les objectifs d’une association. Elles vous éviteront de nombreuses erreurs administratives ou juridiques, tout en renforçant les compétences personnelles et professionnelles de vos adhérents.

Pour bénéficier de conseils, d’une meilleure visibilité et de nombreux autres avantages, votre association peut aussi devenir membre d’un réseau plus vaste.  

Association, se professionnaliser en embauchant un salarié

En 2017, sur le million et demi d’associations de France, seules 159 000 déclaraient l’embauche d’un ou de plusieurs salariés. Selon le dernier rapport « Les chiffres clés de la vie associative 2019 » rédigé et publié par l’INJEP, la part des associations employeuses baisse depuis bientôt 10 ans. Elles étaient 16% à embaucher un salarié en 2005, et n’étaient plus que 11% en 2017.

Les causes de cette baisse ? Une France en crise, des adhérents qui ont du mal à s’engager et des financements publics de plus en plus maigres… Les principaux secteurs associatifs qui emploient des salariés sont les suivants :

  1. Enseignement, formation et recherche non médicale
  2. Gestion des services économiques et développement local
  3. Action sociale, humanitaire et caritative, hébergement social, médico-social, santé
  4. Sport

Embaucher un salarié est alors le meilleur moyen de professionnaliser et de booster son association. Cette personne peut répondre à un besoin, et en faire une priorité (ce qui n’est pas vrai pour les bénévoles qui ont aussi une vie personnelle et professionnelle).

L’embauche d’un salarié reste pourtant bien complexe pour les petites associations, malgré des tentatives fréquentes de simplification de la part des derniers gouvernements (avec le « Chèque emploi associatif » par exemple).

La professionnalisation des associations est parfois considérée comme l’antithèse du bénévolat, de la simplicité et du croisement des compétences de chacun. Pourtant, sans remettre en cause l’engagement des adhérents ni l’expérience des membres du bureau, cette professionnalisation peut ouvrir de nouvelles portes à l’association, pour finalement devenir une force.